Valoriser le sport urbain en adaptant l’aménagement de la ville

Paysagisme et valorisation du sport urbain

Le boom du sport urbain impacte toutes les villes et nécessite d’adapter l’aménagement urbain en conséquence. Pour accompagner cette transformation, le ministère des Sports français a publié une note d’analyse sur le rôle des collectivités dans la valorisation du sport en milieu urbain. Voici notre synthèse !

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Le développement du sport urbain en bref

L’émergence de la pratique autonome, informelle et spontanée, du sport urbain serait le résultat de trois facteurs : la montée de l’individualisme, le besoin de flexibilité (autant en termes de cadre que d’horaires) et la gratuité. Ainsi, le ministère des Sports indique que 46 % des pratiques sportives se déroulent en dehors d’un cadre.

À l’heure où près d’un être humain sur deux vit en ville, les usagers n’hésitent plus à s’approprier l’espace public pour y exercer des sports initialement pratiqués en salle ou en plein air, tels que la course à pied, le cyclisme ou encore le fitness. Les nouvelles zones d’activité concernent :

  • les espaces publics non aménagés : les espaces initialement non-réservés à la pratique sportive (rues, places, parvis, quais…), incluant également le mobilier urbain (bancs, murets, barrières…) ;
  • les espaces naturels de loisirs : majoritairement les espaces verts (bois, parcs, bases de loisirs…) ;
  • les équipements sportifs en accès libre : les équipements de proximité (terrains de sport, skate parcs, terrains de pétanque…) et le mobilier (agrès de fitness, espalier…).

Transformer la ville en terrain de sport en 4 étapes

Sport urbain

L’aménagement paysager urbain

La végétalisation urbaine est une réponse totalement adaptée à ce nouvel enjeu : la création d’espaces verts et de sentiers de randonnée urbaine génère une meilleure qualité de l’air et rend la pratique sportive urbaine plus attrayante et sécurisée. En cas de manque d’espace, recycler d’anciens lieux abandonnés ou non destinés à la pratique sportive est une solution.

Les villes peuvent également agir sur leurs axes de circulation : le désencombrement des rues, la piétonnisation, le partage des voies ou la suppression du stationnement bilatéral sont autant d’actions qui permettent d’assurer la sécurité des sportifs.

Quelques exemples :
    • À Berlin, l’ancien aéroport de Tempelhof a été reconverti en un parc culturel et sportif.
    • À Paris, l’amélioration de la qualité sanitaire de la Seine a permis de créer de nouveaux bassins de baignades et d’accueillir des épreuves sportives.
    • À Lyon, le parc Zénith est un exemple concret de prise en compte de la santé publique dès la conception du parc.

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L’installation équipements sportifs

Les collectivités font face à deux challenges majeurs : la forte vétusté des équipements sportifs (38 % des équipements auraient plus de 34 ans), nécessitant leur renouvellement, et la sécurisation des équipements sportifs contre le vol et les dégradations.

De nombreuses collectivités se tournent vers des solutions abordables telles que l’installation d’aires de fitness en accès libre, qui ne demandent pas d’étude de marché préalable, ou l’installation d’échelles de suspension, de pistes d’accélération, etc.

Quelques exemples :
    • À Paris, les espaces publics tels que les berges de la Seine proposent de nombreux équipements sportifs en accès libre.
    • À Strasbourg et Metz, des coachs ont été embauchés pour accompagner les usagers dans leur pratique sportive.

L’organisation d’événements sportifs

Organiser un événement sportif est une vraie vitrine attractive qui stimule l’activité économique d’une collectivité et de ses commerçants. Les randonnées en rollers, les courses à thème, les trails urbains ou encore les marathons sont autant d’occasions de promouvoir le sport urbain, et de transformer les axes de circulation en terrains de sport provisoires. De plus, cela permet de créer de la convivialité !

Quelques exemples :
    • À Montpellier, le Festival international des sports extrêmes (FISE) accueille plus de 500 000 personnes chaque année.
    • Plusieurs métropoles telles que New York ou Londres organisent des marathons mondialement connus.

La digitalisation du sport urbain

44 % des jeunes de 16 à 25 ans pratiquent leur activité sportive avec un smartphone. Attirés par la possibilité de partager leurs performances, d’accéder à des cours en ligne ou de bénéficier de coachs sportifs digitaux, les citadins connectés sont de plus en plus enclins à pratiquer un sport urbain.

Plusieurs collectivités ont ainsi décidé de surfer sur cette vague et de lancer leurs propres applications mobiles !

Quelques exemples :
    • À Genève, l’application mobile Sport City Tour propose des parcours sportifs selon la géolocalisation de l’usager.
    • À Lyon, l’application Enform@Lyon propose de redécouvrir la ville en mêlant parcours culturels et exercices physiques.

Pour l’activité sportive des enfants, pensez également aux aires de jeu !

La montée de la pratique sportive autonome est une opportunité à saisir pour les collectivités : la note d’analyse indique que la mortalité liée à l’insuffisance d’activité physique excéderait aujourd’hui la mortalité liée au tabagisme ! Les solutions d’aménagements urbains sont aujourd’hui nombreuses et chaque collectivité trouvera chaussure à son pied.


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