Le jardin d’insertion, un outil idéal contre l’exclusion

Jardin d'insertion

Le jardin d’insertion s’adresse à des personnes en situation d’exclusion sociale et/ou professionnelle. Qu’il s’agisse de recréer un lieu d’échange, d’adopter une visée pédagogique ou de former à un métier, le jardin d’insertion est un moyen idéal pour soutenir une politique sociale, en plus d’être bénéfique pour tous. Voici quelques domaines où le jardin, en tant qu’outil d’insertion, peut porter ses fruits !

Accompagner la reconstruction en prison

La question de la gestion des détenus et de la réinsertion post-carcérale est récurrente dans tous les pays. En effet, sans stratégie adéquate, nombreux sont ceux qui restent en marge de la société après avoir purgé leur peine, avec pour conséquence un fort taux de récidive. C’est pour répondre à cette problématique que certaines structures, comme Insight Garden Program (Etats-Unis), ont vu le jour.

Ce programme aborde la réinsertion via le travail de la terre. En leur permettant de créer, d’aménager et d’entretenir leur propre espace vert, IGP vise plusieurs objectifs :

  • Favoriser la collaboration entre les détenus, mais aussi avec le personnel de l’établissement, permettant une socialisation positive.
  • Prévenir le stress et les épisodes de dépression liés à l’incarcération, à l’image des jardins thérapeutiques.
  • Redonner confiance en permettant d’observer le résultat concret de son travail.
  • Proposer un programme de formation visant à favoriser le retour à l’emploi.

Et cela marche ! Insight Garden Program indique avoir atteint un taux de récidive inférieur à 10 %, contre 55 % en moyenne aux Etats-Unis. Avec, à la clé, une économie significative d’environ 40 millions de dollars pour l’administration pénitentiaire. D’autres programmes peuvent ensuite prendre le relai pour accompagner les anciens détenus tout au long de leur réinsertion dans la société.

Lutter contre la précarité économique

Plusieurs initiatives se sont mises en place pour aider les sans-abris ou les personnes en grande précarité économique. A Paris, l’association Emmaüs Solidarité a aménagé un espace vert laissé à l’abandon pour le transformer en jardin. Elle emploie plusieurs sans-abris pour gérer l’entretien de cet espace vert grâce au dispositif « Premières heures » financé par la mairie de Paris. Le réseau Cocagne permet de créer de l’emploi dans ses nombreux jardins et de transmettre un réel savoir-faire tout en produisant des ressources dont la vente peut soutenir ce circuit.

Si l’opportunité de retrouver un emploi est un atout économique indéniable de ces initiatives, elles revêtent également des avantages sociaux majeurs :

  • Les participants peuvent y développer leur besoin fondamental d’appartenance à un groupe par la création de lien social et la répartition des tâches.
  • Ils se sentent à nouveau utiles et peuvent se découvrir des talents insoupçonnés, améliorant leur confiance en eux et leur capacité à mieux faire face aux aléas de leur quotidien.

Les actions du Réseau Cocagne permettent aujourd’hui à près d’un participant sur deux de retrouver un emploi durable ou d’entrer dans une formation professionnalisante.

En pleine crise économique, la ville de Détroit se relève grâce à ses jardins

Lutter contre l’isolement social

Grandes oubliées des politiques actuelles, les personnes handicapées luttent quotidiennement pour trouver leur place dans la société, d’autant plus qu’elles sont souvent vulnérables financièrement : en France, 1 million de personnes handicapées vivent sous le seuil de pauvreté (1), les empêchant souvent de participer aux activités qui leur permettraient de rester en contact avec la société. Le jardin d’insertion est donc tout indiqué pour combattre l’exclusion en tant que jardin thérapeutique et social, afin d’exploiter au maximum les nombreux bienfaits du contact avec le végétal.

Cependant, les infrastructures peinent à s’adapter aux différents handicaps. Pourtant, avec quelques ajustements, le jardin d’insertion peut devenir accessible à tous ! Par exemple, des palettes peuvent être utilisées pour créer des jardins surélevés pour les personnes en fauteuil roulant. Les jardins peuvent également jouer sur les plantes odorantes pour les personnes malvoyantes. Le programme espagnol Huerta of Montecarmelo a quant à lui créé un jardin d’insertion entièrement dédié aux personnes en situation de handicap mental.

Lutter contre l’exclusion via le jardin d’insertion permet d’obtenir des résultats convaincants avec peu de moyens. Il s’agit d’un outil idéal pour les collectivités publiques et privées, qui possède l’avantage considérable d’être également profitable pour tous : ces espaces verts permettent non seulement de dépolluer l’air de la ville, mais peuvent aussi donner naissance à un circuit court de nourriture biologique pour les riverains !


(1) Secours populaire : Le handicap, un facteur d’exclusion

© Crédit photo : Rawpixel.com / stock.adobe/com 

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