Comment réduire l’impact environnemental d’un terrain de golf ?

Comment réduire l’impact environnemental d’un terrain de golf ?

Le golf est considéré comme le 4ème sport le plus polluant après le ski, les sports mécaniques et le tir (1). En cause : l’installation des terrains, qui dégrade l’environnement, et l’entretien du gazon qui, il faut le dire, nécessite beaucoup d’eau et quelques pesticides. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que la France s’investit particulièrement pour changer la donne.

La Fédération Française de Golf a d’ailleurs signé deux chartes environnementales (2) dans lesquelles elle s’engage à faire des efforts. Mieux que ça, de nombreux golfs tentent d’utiliser des alternatives aux pesticides, aux eaux potables et aux traditionnelles balles de golf pour réduire leur impact sur l’environnement.

Limiter la consommation excessive d’eau

 
L’eau, cette ressource vitale, est vulnérable. Mais elle est indispensable pour le bon entretien d’un terrain de golf. Un gazon de qualité doit être arrosé régulièrement : les golfs consomment une importante quantité d’eau, une ressource qui s’épuise et que nous devons préserver. Mais si l’utilisation excessive d’eau est problématique, elle nous pousse aussi à faire preuve d’ingéniosité et à trouver des solutions. Parmi lesquelles :

  • Installer du gazon synthétique. Il a le mérite de demander peu d’entretien… et bien moins d’eau qu’un gazon naturel.
  • Si le gazon habituellement utilisé par les terrains de golf nécessite beaucoup d’eau, ce n’est pas le cas de toutes les herbes. La zoysia tenuifolia a de particulier, au-delà de son nom difficilement prononçable, un faible besoin en eau.
  • En mars 2013, déjà 90 % des golfs français (3) avaient choisi d’utiliser des eaux impropres à la consommation humaine (à savoir des eaux de pluie ou des eaux usées) pour irriguer les terrains. Car si le gazon a soif d’eau, il n’est pas regardant quant à sa provenance.
  • De simples rénovations et améliorations des systèmes d’arrosage existants permettraient de limiter les fuites et, par la même occasion, les pertes inutiles…
  • La création de réserves pour récupérer, stocker puis réutiliser les eaux pluviales est une solution qui gagne aussi du terrain.

Il est aussi possible, comme l’a fait le Golf National, d’installer des systèmes d’irrigation capables de détecter l’humidité dans le sol pour arroser seulement les zones qui en ont besoin.

À lire également :
Aménagement des terrains de sport et golfs, innovation 1 – 0 arrosage

Dire non aux pesticides, oui aux moutons (entre autres) !

 
Amis tenanciers de golfs, on ne vous apprend rien : l’entretien d’un parcours est complexe. Le terrain se doit d’être d’une qualité irréprochable, en toute saison, pour assurer de bonnes performances sportives. C’est pourquoi 100 % des golfs utilisent des produits phytosanitaires pour traiter les greens (4)… Mais la liste des produits homologués a tendance à diminuer. Au-delà des dégâts causés sur les nappes phréatiques, l’utilisation de certains pesticides est une atteinte à la santé humaine, à celle de la faune et de la flore. Alors, à quelles autres solutions recourir ?

  • Utiliser des nématodes entomopathogènes, des organismes parasitoïdes qui luttent contre de nombreux ravageurs, des insectes et des larves auxquels doivent faire face près de 70 % des golfs (4).
  • Se servir de nouveaux moyens d’épandage tels que des pulvérisateurs autoportés, qui permettent d’appliquer les produits de façon optimale, sans qu’ils ne soient diffusés dans tous les sens…
  • Faire appel à l’éco-pastoralisme comme le Grand Saint-Emilionnais Golf Club. Autrement dit, troquer les tondeuses traditionnelles contre des milliers de moutons (ou autres herbivores). En plus de permettre une coupe régulière et méticuleuse du gazon, cette technique est particulièrement respectueuse de l’environnement.
  • Utiliser des produits biologiques ou des solutions de biocontrôle.
  • Enfin, il est possible de laisser faire la nature sur quelques parcelles de terrain, comme le fait le golf de la Sainte-Baume, 4ème golf français à avoir reçu l’écolabel GEO.

Penser à la triste fin des balles de golf perdues

 
14 balles de golf sont perdues toutes les secondes sur les terrains d’Europe et des États-Unis (5). Cela représente environ 450 millions de balles par an. Énorme, n’est-ce pas ? Et la mauvaise nouvelle, c’est que ces balles de golf ne sont malheureusement pas biodégradables. Une fois qu’elles sont perdues, elles s’effacent du décor mais pas de l’environnement… Rassurez-vous : pour ça aussi, des solutions existent !

  • Sécuriser les contours du terrain pour que les balles restent dans un périmètre restreint et soient plus faciles à retrouver.
  • Récupérer les anciennes balles, par exemple en faisant appel à des plongeurs qui pourraient les récupérer dans les lacs…
  • … et les recycler ou reconditionner comme le font de plus en plus de clubs.

Découvrez aussi : Quels sont les dispositifs de sécurité au golf ?

 
Finalement, la meilleure solution pour limiter l’impact environnemental de l’entretien des terrains de golf, c’est bel et bien de faire preuve d’ingéniosité ! La France est bien partie… À vous d’agir pour que l’on continue à voir la vie en green !
 

(1) Sport et Vie, Le hit parade des sports les plus polluants, n°100, janvier / février 2007
(2) Ffgolf, premier rapport de la ffgolf, 2013
(3) Charte nationale golf et environnement, Premier rapport quinquennal :  préservation de la ressource en eau – Étude quantitative
(4) Écophyto, Enquête nationale écophyto auprès des golfs français, 2016.
(5) Planetoscope, Balles de golf perdues en Europe et aux États-Unis
 

Crédit photo : Unsplash / Edewaa Foster

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