Tirez parti de la symbiose mycorhizienne pour vos aménagements paysagers !

Symbiose mycorhizienne et paysagisme

Accord gagnant-gagnant aux multiples bienfaits, la relation étroite entre champignons mycorhiziens et plantes a tout pour plaire ! Cette symbiose est l’une des clés de l’innovation Dahlia Pollen Connect présentée par Nova-Flore lors du salon Paysalia 2017. Pour en savoir plus, nous avons rencontré Vincent Roullois, Responsable R&D de cette entreprise spécialisée dans l’aménagement écologique des espaces verts et du paysage, qui étudie depuis 4 ans la symbiose mycorhizienne.

Retrouvez notre interview sur les prairies fleuries de Nova-Flore en 2013

Paysalia : M. Roullois, vous développez des innovations utilisant la symbiose mycorhizienne. De quoi s’agit-il ?

Observation insectes R&D Vincent Roullois

Vincent Roullois, Responsable R&D Nova-Flore

Vincent Roullois : la symbiose mycorhizienne, ou mycorhize, est une association entre deux partenaires : les racines d’une plante et un champignon mycorhizien qui vit dans le sol. On parle alors d’association mutualiste car les deux partenaires s’y retrouvent : la plante, grâce à la photosynthèse, va fournir des sucres nécessaires au développement du champignon. Ce dernier permet à la plante d’explorer plus largement le sol grâce à son réseau de mycéliums et lui apporte des minéraux et de l’eau supplémentaires.

Quels sont les bienfaits de cette symbiose ?

Les publications scientifiques disent que la mycorhize permet d’accroître jusqu’à 80 fois le système racinaire des plantes. Certaines études vont même jusqu’à 1 000 ! D’où les bénéfices probants sur la plante. On note que cette alimentation améliorée permet une meilleure résistance à la sécheresse, au stress extérieur et aux pathogènes.

Sur prairie fleurie, notre centre R&D a démontré que le recouvrement au sol augmentait de 35 % en utilisant la symbiose mycorhizienne. Ce développement plus rapide diminue la problématique de l’implantation des mauvaises herbes. Enfin, il y a une bien meilleure floribondité, et donc une présence accrue d’insectes pollinisateurs. À titre d’exemple, nous avons constaté 20 % de fleurs en plus sur le rosier et 30 % sur les dahlias.

Enfin, cette symbiose permet, dans une certaine mesure, de compenser les déficiences physiques et chimiques de certains sols et réduit le recours aux intrants chimiques et les tâches d’entretien.

Sur quels types de plantes peut-on utiliser la mycorhize ?

C’est là un gros avantage de la symbiose mycorhizienne : 95 % des plantes sur Terre sont mycorhizables ! Parmi les 5 % restantes, on retrouve quelques familles de végétaux comme les brassicacées ou chénopodiacées.

Dans le cadre de nos essais, nous avons commencé à travailler sur des mélanges de prairies fleuries, puis sur du rosier et du dahlia qui a l’avantage d’être une plante estivale qui va fleurir à un moment où il y a un manque de ressources pour les abeilles. Aujourd’hui, nous sommes capables de proposer un vaste choix de produits mycorhizés adaptés à chaque demande d’aménagement paysager.

Que faut-il savoir pour mettre en place une symbiose mycorhizienne dans les règles de l’art ?

Il existe deux grands types de champignons mycorhiziens : les endomycorhizes (le champignon s’associe avec la racine au niveau cellulaire) et les ectomycorhizes (le champignon ne fait le contact qu’à la surface de la racine). Certaines plantes sont uniquement endo ou ectomycorhizables. Le choix d’un champignon mycorhizien adapté à la plante est donc la première étape.

Vue d’un champignon mycorhizien sur une racine.
Crédit photo : Nova-Flore.

Ensuite, il faut doser le champignon mycorhizien correctement : tous les végétaux au sein d’un même aménagement paysager ne vont pas forcément avoir les mêmes besoins. Nous étudions dans notre centre R&D les dosages optimaux, car une dose trop forte fait perdre le bénéfice attendu : au moment de la symbiose mycorhizienne, le champignon en surnombre risque de capter tout ce que la plante va lui donner et le végétal rattrapera difficilement ce retard de croissance.

Pour finir, on va incorporer le champignon mycorhizien via différentes méthodes, suivant la plante : sous forme de poudre, de pastilles à planter dans le sol, de solution à pulvériser sur les racines ou via un pralin que l’on va appliquer sur les racines.

Il ne faut pas s’inquiéter si l’on constate une légère différence de croissance lors de la mise en place de la mycorhize car c’est tout à fait normal : si le champignon mycorhizien est bien dosé, cela va se corriger très rapidement.

Vous avez utilisé cette technologie pour développer votre innovation Dahlia Pollen Connect primée lors du salon Paysalia 2017. Quels retours pouvez-vous en faire ?

Nous avons vu beaucoup de journalistes et eu beaucoup de retours positifs sur l’innovation proposée. Nous avons profité du salon pour lancer notre nouvelle gamme de bulbes de printemps sur le marché professionnel. Les collectivités sont de plus en plus intéressées pour faire revenir les pollinisateurs via leurs aménagements paysagers, et notre bulbe certifié label rouge combine esthétique et intérêt vis-à-vis des insectes. Cette innovation s’inscrit dans la continuité de ce que l’on fait depuis des années, à savoir combiner fonctionnalité et préservation de la biodiversité.

C’est encore un peu tôt pour avoir un retour marché, cependant, nous pouvons déjà dire que nos objectifs commerciaux sont atteints !

Trophées Paysalia Innovations 2017 : retour sur la consécration des 6 lauréats !

Pour en savoir plus sur l’innovation primée de Nova-Flore, découvrez notre interview vidéo réalisée durant le salon Paysalia 2017 !

Nos remerciements à M. Roullois de Nova-Flore pour sa participation.


Crédit photo : Daniel Brachlow / Pixabay

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *