La productivité positive appliquée à la forêt : une méthode efficace pour le reboisement urbain !

Reboisement urbain et création d'espaces verts

Faire pousser des forêts en zone urbaine est une idée qui fait doucement son chemin. La ville écologique de Lyon, qui accueille le salon Paysalia, est d’ailleurs en train d’aménager une forêt de 5,5 hectares sur sa presqu’île (1) ! Si les villes vertes comprennent l’urgence du reboisement urbain pour la santé de tous, elles font cependant face à des difficultés majeures. Un défi d’éco-urbanisme relevé par l’ingéniosité des professionnels du paysage.

En préambule : 4 bienfaits de l’urbanisme vert à connaître

Une réponse adaptée aux problématiques urbaines

L’importance de la présence d’arbres en urbanisme est à présent acquise par toutes les villes qui souhaitent devenir plus écologiques. L’arbre dispose en effet d’avantages plus que convaincants :

  • Il produit gratuitement du bois, des fruits ou des produits médicinaux.
  • Il régule la température dans les îlots de chaleur urbaine, la qualité de l’air, les eaux pluviales et capte même certains polluants.
  • Il favorise la biodiversité en ville.
  • Enfin, il joue un rôle social puisqu’il impacte directement le bien-être des citadins en façonnant un paysage plus qualitatif. (1)

Cependant, la bonne volonté des villes vertes se heurte à un écueil de taille : faire pousser des arbres demande du temps et un espace adapté. Faire revenir la forêt en plein cœur de la ville semble ainsi être une véritable utopie… à moins que l’Homme ne puisse « optimiser la nature » !

Retrouvez un cas pratique inspirant d’éco-urbanisme avec Détroit

Des idées innovantes pour favoriser la création de ces espaces verts

Le célèbre botaniste Akira Miyawaki considère que la majeure partie des forêts japonaises actuelles résulte d’un besoin de sylviculture et non d’une végétalisation naturelle. Cet expert en écologie végétale a ainsi développé une véritable méthode pionnière dans le domaine (la « méthode Miyawaki ») pour restaurer une forêt indigène sur des sols très dégradés, y compris en zone urbaine.

Fort du succès de son approche, ce botaniste en a inspiré bien d’autres, dont un ancien ingénieur industriel de Toyota : Shubhendu Sharma. Ce dernier s’est approprié la méthode Miyawaki, l’a améliorée en se basant sur les principes de la chaîne de production Toyota, et a exposé en 2014 ses résultats lors d’une conférence Ted.

 

Sa technique consiste en l’utilisation aussi bien horizontale que verticale de l’espace disponible, rappelant l’un des principes de la permaculture, ce qui permet de faire pousser des forêts en plusieurs « couches » dans des zones restreintes. La terre accueillant les arbres est également analysée minutieusement pour lui apporter les nutriments nécessaires, incorporant parfois le concours de micro-organismes tels que les champignons mycorhiziens. La création de ces espaces verts obtient ainsi de très bons résultats :

  • Ils poussent 10 fois plus rapidement qu’une forêt classique, répondant ainsi à l’urgence du reboisement urbain.
  • Ils sont 30 fois plus denses, permettant même aux petits terrains de devenir de réels poumons verts.
  • Ils sont plus résistants car les végétaux utilisés sont locaux.
  • Ils attirent enfin une plus vaste biodiversité.

6 autres projets à suivre pour construire la ville verte de demain

Ce bel exemple de productivité positive appliquée à la nature a déjà permis de créer plus de 100 forêts dans 9 pays différents. Afin de faire de la ville verte une réalité pour le plus grand nombre. Shubhendu Sharma a créé une entreprise Afforestt qui propose sa méthodologie de reboisement urbain en open source. Bonne plantation !


(1) Le Progrès : Une « forêt » en projet tout au sud de la Presqu’île
(2) Arbre en ville : Un outil au service des territoires urbains

Crédit photo : © jonbilous / stock.adobe.com

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