ALERTE ! La zone de l’olivier…à proximité de Lyon !

Végétaux et dérèglement climatique
Les espèces présentes dans un milieu dépendent en grande partie du climat local.
Le dérèglement climatique implique des changements de climats régionaux rapides auxquels les plantes n’auront pas toujours le temps de s’adapter.

La modification du climat : les végétaux l’expriment.

Les services de l’INRA et de la Météorologie nationale le constatent sur notre territoire.
Ainsi dans le vignoble de Sancerre, la date des vendanges a été avancée de plus de trois semaines en 40 ans.
De même, à Balandran près de Nîmes, les chercheurs de l’INRA montrent que le calendrier phénologique des pommiers (à variété constantes) a avancé de plusieurs semaines depuis 1960.
La modification du climat est insidieuse en ce sens qu’elle est difficilement perceptible directement par les humains.

Comment les végétaux s’adaptent-ils ?
Rien ne permet pour le moment, d’affirmer que des espèces végétales puissent disparaître à cause du dérèglement climatique.
Mais c’est la modification des milieux, due au réchauffement, qui affecte les végétaux.
Les aires de répartition se déplacent (pour chaque degré supplémentaire, les aires de répartition dans l’hémisphère nord ont la capacité de s’étendre de 100 km vers le nord, alors que les limites méridionales reculent.)
Ainsi, avec une augmentation de 1 °C, la zone de l’olivier remontera de 100 km, c’est-à-dire à proximité de Lyon…

Ce qui est à craindre
Ce sont plus les accidents climatiques que le réchauffement proprement dit.
L’augmentation de la température de quelques degrés risque d’entraîner des accidents climatiques qui – si nous en connaissons une fois tous les 100 ans – pourraient revenir beaucoup plus fréquemment : inondations, sécheresse, tempête, écarts de température, etc.
C’est ce qui sera sans doute le plus dommageable à l’horticulture.

Le rôle des végétaux dans la lutte contre le réchauffement climatique
Dans la lutte contre le réchauffement climatique, le végétal est un atout majeur.
Plusieurs voies sont utilisées qui associent végétal et eau pour lutter contre le réchauffement dans les villes :

  • Ilot de chaleur urbain

Le terme îlot de chaleur urbain désigne une zone dont la  température est significativement plus  élevée que celle des zones environnantes.
La différence de  température entre un îlot de chaleur et une zone normale peut être très importante et elle peut varier de 5 °C à 10 °C.
Les îlots de chaleur, sorte de micro-climats, sont engendrés par le manque de végétation dans un endroit où sont présentes de larges surfaces non réfléchissantes qui absorbent et  stockent la chaleur ; c’est le cas des places publiques ou parkings non plantés, avenues dépourvues de plantations d’alignement, etc.
La meilleure solution pour diminuer la température de ces zones est de planter des arbres, à l’image des patios du Moyen-Orient qui associent la verdure à l’eau.

  • Régulation hydrique

La régulation hydrique consiste à maîtriser le ruissellement des eaux de pluie, de les canaliser à ciel ouvert à partir de noues végétalisées.
Ainsi, les eaux de ruissellement sont restituées au sol rapidement, contribuant à l’humidification des sols, donc au rafraîchissement global de l’atmosphère… à condition que les noues soient végétalisées.
Inspirée des procédés naturels, la gestion des eaux pluviales par les techniques alternatives en assainissement pluvial génère du vert.
En tant que support d’une végétalisation des milieux urbains denses, ces techniques alternatives sont génératrices d’une texture verte participant à la conception d’une ville bio-climatique.

  • Plantations d’alignement

Outre qu’elles sont l’ossature végétale de la ville et qu’elles constituent un élément majeur de la Trame Verte Urbaine, les plantations d’alignement, par l’ombrage qu’elles engendrent, contribuent à faire baisser la température dans les habitations et sur la voie publique.
Corridors biologiques, les plantations d’alignement véhiculent la faune à travers la ville, elles sont à ce titre, facteurs de biodiversité.

  • Toitures et murs végétalisés

Si les toitures végétalisées, très à la mode aujourd’hui, constituent un tampon de verdure entre l’ensoleillement et les habitations, elles ont aussi pour rôle de réguler l’écoulement des eaux de pluie.
Les toitures représentent jusqu’à 20 % des surfaces de nos villes.
Les eaux de pluies qui tombent sur les toits sont ensuite acheminées vers les égouts pluviaux. À l’image d’une éponge, la toiture végétalisée accumule l’eau dont une partie est utilisée par les plantes, une autre est évaporée et une autre évacuée par les canalisations avec un retard favorisant le bon écoulement. Il en est de même avec les murs végétalisés que l’on peut qualifier d’animateurs d’ambiance, tant ils contribuent à la régulation de la température.

  • Bassins de régulation des crues

Ils ont pour rôle de stocker les eaux de pluie pour éviter les engorgements des canalisations. Mais ils ont un rôle auquel on ne pense pas immédiatement : véritables régulateurs thermiques et éléments du paysage, les bassins de régulation ainsi que les zones d’expansion des crues entraînent la baisse de la température ambiante par évaporation des eaux de stockage.

Un article proposé par www.hortis.fr
Auteur Roland-Marie Marceron

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