Aires de jeux : les enjeux d’un secteur en constante évolution

Outdoor play areas maintenance: key industry concerns

Toboggans, échelles et autres balançoires font le bonheur des plus petits… Mais attention aux chutes ! Soumis à des normes, ces espaces collectifs nécessitent une véritable expertise et un entretien régulier. Pour en savoir plus, nous avons rencontré Lionel Paponneau, chargé du développement commercial chez Boisdexter, entreprise spécialisée dans le bois d’extérieur qui conçoit des aires de jeux depuis plus de 20 ans.

Les aires de jeux demandent-elles un entretien particulier ?

Les propriétaires de jeux à usage public doivent régulièrement contrôler ces espaces ludiques, en faisant :

  • une inspection visuelle de routine ;
  • une fois par an et de manière obligatoire, un organisme comme l’Apave intervient pour s’assurer de la qualité des jeux : mesure de la valeur HIC (Head Injury Criterion / critère de blessure à la tête), risque de coincement, pièces à remplacer…

La conformité des équipements est attestée lors de l’installation par un bureau de contrôle.

Quelle est votre relation avec la clientèle ?

Nous avons deux types de clients : les collectivités territoriales et les établissements privés qui reçoivent du public. Nous sommes amenés à entretenir une relation de confiance durable avec notre clientèle, car les installations ont régulièrement besoin de nouveaux accessoires et de nouvelles pièces. Certaines aires Boisdexter ont déjà plus de 20 ans !

En matière de sécurité, la réglementation évolue-t-elle souvent ?

Il y a quelques années, le cadre normatif était beaucoup moins défini qu’aujourd’hui et la conception était moins rigoureuse. En 25 ans, de nouvelles réglementations sont apparues. Nous avons dû nous former et adapter l’ensemble de nos constructions.

De nouvelles normes sortent tous les 10 ans, ce qui nous amène à revoir l’ensemble de nos produits. C’est un travail fastidieux et contraignant qui peut parfois nous obliger à enlever certains jeux de notre catalogue. Nous avons également l’obligation de remettre au client l’ensemble du dossier technique mis à jour. Cependant, il faut savoir que les normes ne sont pas rétroactives : les jeux déjà installés ne sont pas concernés, mais nous avons modifié à nos frais certaines installations pour les sécuriser davantage.

Découvrez l’ensemble des textes de loi relatifs aux aires de jeux

Le secteur est-il soumis à des règles environnementales ?

Pour fabriquer nos aires de jeux, nous utilisons un bois traité chimiquement pour le préserver de sa dégradation. Ce processus nommé autoclave est encadré par une réglementation draconienne afin de limiter l’impact du bois sur l’environnement. Nous nous appuyons également sur des tests réalisés par le centre technique du bois et de l’ameublement. Cet organisme référent a permis de démontrer que ce traitement ne générait aucune dégradation polluante.

Malgré cela, nous sommes parfois confrontés à des situations très contradictoires en matière d’environnement : certaines collectivités choisissent du bois naturel, par exemple de l’acacia, provenant de forêts polonaises ou brésiliennes. Malheureusement, l’importation lointaine de matière première n’est pas écologique, surtout lorsque ces bois non traités sont aussi non conformes. Il est donc primordial que les collectivités et les architectes prennent conscience de ces enjeux environnementaux.

Retrouvez les objectifs de l’Accord de Paris en matière d’urbanisme vert

Le secteur des aires de jeux innove-t-il ?

Au fil du temps, le design des jeux et l’organisation des espaces ont évolué : ils sont plus ludiques et mieux intégrés dans le paysage. Aujourd’hui, nous collaborons régulièrement avec des paysagistes pour installer les aires de jeux afin de les rendre plus agréables.

Comment voyez-vous votre métier évoluer dans les mois et les années à venir ?

Il sera toujours essentiel d’assurer la sécurité et la durabilité des aires de jeux. Chez Boisdexter, nous avons surtout à cœur de continuer à utiliser des matériaux produits localement. C’est un enjeu majeur pour l’avenir de notre métier.

Merci à Lionel Paponneau d’avoir accepté de partager son expertise sur le sujet.
 

Crédit photo : Pexels / Anthony

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *